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16 juin 2007
La scène ouverte
Ou comment se désinhiber en public dans le réfectoire d’un centre de loisirs.
Ouverte, la scène l’est à tous ceux qui ont quelque chose à exprimer, chanter, jouer, conter, déclamer…
Il y a eu ce soir-là des jeunes, des vieux, des timides, des extravertis, des bons, des mauvais…
Et nous.
Qui incarnions à peu près un panaché de tout ça.
Notre extraverti personnel a présenté notre groupe, on a joué quelques morceaux.
Tout allait bien.
Non, non, vraiment, ça se passait bien.
Jusqu’à cette reprise de Man Gave Names to All the Animals, la chanson de Bob Dylan qui évoque le passage de la Genèse où Adam observe les animaux et leur attribue un nom.
Sentant que son côté répétitif risquait d'étioler le mol enthousiasme de la salle, je me suis mise à marquer le rythme aux refrains en battant des mains au-dessus de ma tête.
C’était une très bonne idée : tout le monde s’est aussitôt laissé entraîner…
Sauf que…
…s'est aussi laissé entraîner mon soutien-gorge autoportant à poitrine intégrée qui a glissé jusqu’à mon nombril au moment précis où je me demandais soudain si ma dernière épilation des aisselles remontait à hier ou il y a six mois et si chanter et gesticuler en même temps ne me causait pas des problèmes de désynchronisation et de justesse.
Et c’est là qu’intervient la désinhibition.
J’aurais pu feindre une syncope, quitter la scène, fondre en larmes, baisser les bras (ha ha).
Eh bien non.
N’écoutant que ma désinhibition, pendant toute la durée de ce mini-psycho-drame-personnel-secret, j’ai continué à chanter en tapant dans les mains bras levés et à mimer les animaux tout en ponctuant chaque couplet de leurs cris respectifs.
Le problème de cette chanson, c’est qu’elle est interminable.
Pour le bruitage du taureau, j’ai été moyenne.
Pour le mime du cochon aussi.
Pour la vache, j’étais parfaite.
N'empêche, j’ai bien aimé la scène ouverte.
La prochaine fois, on pourrait faire "L'arche de Noé" de Nino Ferrer.

