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09 mai 2006

sagesse et malice

Il y a fort longtemps, on envoyait les enfants chez de grands maîtres pour leur éducation, et surtout pour apprendre les grands secrets de la vie. En ces temps anciens, pour fabriquer un miroir, on prenait une vitre et on passait une couche d’argent derrière.
Nasreddine avait un disciple qui l’accompagnait depuis de longues années. Un jour, l’élève dit :
- Maître, voilà sept ans que je suis ton disciple. J’ai appris à lire, à écrire, à compter et beaucoup d’autres choses ; mais jusqu’à maintenant tu ne m’as donné aucun secret de la vie. Je crois que je suis prêt à en recevoir un aujourd’hui.
- Bien ! lui répondit Nasreddine. Mets-toi devant la fenêtre, regarde à travers la vitre et dis-moi ce que tu vois.
L’élève se mit devant la fenêtre et regarda.
- Je vois la rue et son animation, des hommes, des femmes, un enfant, des magasins, un âne qui passe… enfin, je vois la vie.
Nassreddine posa un miroir devant son disciple.
- Et maintenant, que vois-tu ?
- Je ne vois que moi-même, que veux-tu que je voie d’autre ?
- Justement ! répondit Nasreddine. Tu as regardé deux vitres, mais derrière la seconde, il y a de l’argent…

Extrait de Sagesses et malices de Nasreddine, le fou qui était sage, de Jihad Darwiche et Pierre Olivier Leclerc (Albin Michel).

Hé hé.
J'adore.

Et je ne comprends pas pourquoi les mésaventures de Nasreddine Hodja, antihéros populaire et mythique tour à tour paresseux, peureux, génial, idiot, absurde, menteur, roublard, paillard, juste et impertinent (bref, humain ?) sont soi-disant destinées à la jeunesse...