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17 novembre 2005
Gribouille-toi
Avec lui, on est sûr d’être toujours à son avantage.
Des bonnets sur la tête, des trucs dans la bouche, le monde au bout du visage, la grimace pour la galerie...
Avec tous ces gens qui regardent.
Si c’est pas gênant...

(Pas facile de cadrer une photo à bout de bras en louchant...)
Et voilà que ça recommence.
Emery a encore frappé.
Mode d'emploi :
1) Se gribouiller la face.
2) Choisir une association humanitaire.
3) Gagner.
Ça s’appellera un " bloguadonspace ", le but étant de donner de l'espace d'expression à l'association gagnante. Un jury très sérieux se réunira pour choisir quelle photo soutenant telle ou telle association gagnera. Ladite association fera l'objet d'une note chez tous les participants.
Justement, pour participer, c’est là que ça se passe. Vous avez jusqu’au 19 décembre.
D’après Emery, ça prend dix minutes.
...
(D'après Emery.)
...
Et parce que deux enfants que j'adore ont trouvé grâce à elle des parents formidables, l’association que je soutiens s’appelle Kasih Bunda France, Amis des Enfants Sans Famille. Kasih Bunda signifie " amour maternel " en indonésien.
Moi je dis :
À force de relier des points,
on finira bien par arriver
quelque part...

Et puis aussi, dans la série gribouillage,
celle-là vous l'avez déjà vue mais...

08 novembre 2005
Concept
Mais si, je t’assure, c’est fabuleux ! (lui, enthousiaste.) Ils faisaient ça autrefois, au Portugal.
- Ah ? Autrefois ? Au Portugal ? (moi, sceptique.)
- Mais oui. Tu mets ta marmite sur la cuisinière, tu jettes quelques légumes, éventuellement un bout de lard et ça te fait une soupe formidable qui mijote toute la journée.
- Toute la journée ?
- Oui, comme ça s’il y a des pauvres qui passent, tu as toujours un bol de soupe à leur offrir.
- Un bol de bouillon, tu veux dire (je n'ose pas ajouter "de culture"). Ou un bol de légumes.
- Non, parce que comme ça cuit sans interruption tout l’hiver, les légumes fondent et ça donne de la soupe, même pas besoin de mixer.
...
" Tout l’hiver. "
...HEIN ?
- TOUT L’HIVER ?
- Oui, mais tu reremplis la marmite au fur et à mesure qu’elle se vide et ta soupe se renouvelle en permanence.
(...)
Mon magicien a un concept : La soupe qui mijote sans interruption tout l’hiver pour les pauvres de passage.
Ou pour les gens pas forcément pauvres mais qui ont envie d’un bol de soupe à un moment ou à un autre de la journée.
Ou pour les gens de passage qui ont froid.
Ou pour les amis, à la place d’un café.
Ou même pour nous ?

Ce qui se passe, c’est qu’on a trouvé une cuisinière Godin dans la rue. Incroyable. La cuisinière à bois sublime avec ses quatre plaques à rondelles en fonte, son four, son robinet d’eau chaude… Elle avait l’air un peu marronnasse pas terriblasse, comme couleur, quand on l’a vue comme ça dans un renfoncement d’une jolie petite rue de Cucuron, mais quand on rêve d’une cuisinière à bois Godin chez soi et qu’on trouve une cuisinière à bois Godin dans la rue, on ne va quand même pas critiquer le marronnasse, hein ?
Surtout qu’il ira très bien avec notre carrelage mochasse.
C’était le soir. Tout excités, on remonte la voiture dans une petite rue en pente au péril de sa carrosserie, jusqu’à la cuisinière. Qu’on traîne laborieusement face au coffre.
Lourd.
Trop lourd.
On n’a jamais réussi à la hisser dedans.
Le lendemain, il fait jour.
On y retourne, parce qu’on est opiniâtres. En sonnant aux portes voisines pour se renseigner, on apprend en fait que la cuisinière, " oui, c’est à moi, j’allais m’en débarrasser, peut-être la revendre… à vrai dire, 100 euros ça m’arrangerait bien en ce moment… "
GLOUPS. Alors en fait, on allait la VOLER ? Et comment n’ont-ils pas entendu le raffut hier soir quand on a traîné ce bazar en fonte sur deux mètres ?
Depuis, on nous a appris que les mêmes modèles se fabriquent toujours et valent, neufs, 2 800 euros.
Enfin voilà, maintenant, la cuisinière est en place. Elle est magnifique. Il lui manquait juste la tringle autour, qu'on a bricolée avec du tuyau de cuivre de plomberie, on dirait qu’elle a toujours été là.
La marmite aussi est en place.
Sauf que…
Pour en revenir au concept…
Le problème, c’est qu’on ne maîtrise pas complètement encore toutes les subtilités de chaleur, d’ouverture et de fermeture des clapets divers régulant la température.
Donc… il fait à peu près 48°C dans la cuisine et la soupe depuis deux jours ne mijote pas.
Elle bout.
À gros bouillons.
Sans interruption.
Ce soir, personne n’est passé nous voir à l’improviste.
Dommage.
Parce qu’il reste une bonne demi-marmite de soupe.
Pourtant c’est le troisième repas qu’elle nous fait.
Cet hiver, on n’aura pas froid.
Cet hiver, on n'aura pas faim.
Cet hiver, on a la Godin.

